Samuel LEROY
24 mars 2015
Sophie LE CAM
9 décembre 2017
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Avec son univers décalé, Sebka décoiffe la chanson française en douceur. Parolier d’abord, mélodiste ensuite, il cultive l’ambiguïté en se livrant à des métamorphoses subtiles et en brouillant les pistes.

Dans sa chanson « Sexe faible », il parvient à se placer tout autant dans la peau des femmes que dans celle des hommes. « Je suis un peu des deux », annonce-t-il avec sa gueule et son allure de dandy désinvolte. Il débarque dans le paysage musical avec une inspiration poétique qui procède par touches, à la périphérie.

Tête bien faite, études de russe et parents agrégés, il baigne dans le monde des mots et des sons depuis longtemps. Puis il sort du cadre avec ironie et devient croque-mort pour être au plus près. de la mort ? De la vie ?

Viré un matin pour avoir oublié son uniforme, il devient alors chauffeur de berlines à Paris et finit par tomber en panne d'essence sur l'autoroute… C'est décidé, il plaque tout pour la chanson !

La musique est pour lui autant une pacotille que ce que l’on peut faire de plus sérieux, de plus grave. Il joue à l'héroïne moderne « jeune et belle » qui « n’fait pas la vaisselle et la laisse à Marcel » et il revisite la chanson française avec des thèmes très actuels : la difficulté d'aimer, le genre, la solitude ou notre relation à une planète menacée.

On pense à Bashung, à Gainsbourg, à Brel, quand il est chanteur sans guitare, accompagné par un trio piano / contrebasse / percussions sur des arrangements de Jean-Pierre Armanet.